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Rien n'est plus beau que l'amour
Dire "Je t'aime" c'est dire "Ne m'oublie pas"
C’est le temps de l’année où l’on devrait faire trêve de méchanceté, de fraude et de corruption pour, enfin, parler de sujets positifs, de ces sujets qui permettent à l’esprit de s’élever et à « jouir avec soi-même ».
« Rien n’est plus beau que l’amour », fredonnait dans les années 70 un chanteur malais dont on a tout oublié.
L’amour, certes, mais c’est un sujet compliqué, disent les uns; l’amour, certes, mais c’est une affaire privée, disent les autres. L’amour est souvent réduit à « ce que l’on pense de l’amour » plutôt à « ce qu’est réellement l’amour ».
Marcel Proust n’a exercé aucune retenue afin de démontrer que l’amour, c’est l’horreur de l’espoir, c’est la jalousie et que c’est, enfin, la peine. La peine d’amour… Roland Barthes disait de l’amour : « Suis-je amoureux? Oui, parce que j’attends. L’autre, lui, n’attend jamais »… Aragon, entre deux guerres, affirmait à Elsa Triolet : « Voici, c’est rouge, c’est mon cœur, prends, c’est à toi »…
Le coup de foudre se dit toujours au passé simple.
Bien sûr, avec Oscar Wilde on peut affirmer qu’il « faut avoir été en amour pour pouvoir en apprécier pleinement la tragédie », c’est-à-dire une histoire dont on ignore la fin. L’amour peut aussi être la « fête de l’autre » avant de parfois se transformer dans la fatigue amoureuse, c’est-à-dire une faim sans assouvissement qui entraîne inexorablement…la fin.
Mais l’amour ne saurait être réduit à la tragédie ni, d’ailleurs, à la sphère privée.
Dans le Dictionnaire historique de la langue française, l’amour est habilement situé entre les mots « amortir » et « amovible » (il n’y a pas de hasards). On peut ici risquer l’explication que l’amour est un choc temporaire…
Mais, outre la tragédie et l’amour privé, il existe aussi l’amour des autres, certains chez les grecs appelaient Agapè pour dire un amour inconditionnel, universel, c'est-à-dire opposé à un amour personnel ou égoïste ; cela pouvait signifier l'amour de la vérité, ou de l'humanité toute entière. De nos jours pourrait dire qu’Agapè, qui est un sentiment vivant, c’est l’amour des Autres, même si l’on ne connaît pas ces « Autres ».
Au temps du bilan de fin d’année, peut-être serait-il à propos de songer au concept d’Agapè qui suggère « un peu moins de soi et un peu plus des autres » ?
Pour vivre en société il faut ressentir Agapè, il faut démontrer Agapè. Cet amour des autres implique une exigence d’externalisation, il doit être démontré, il ne saurait être simulé.
Chaque geste d’amour des autres refonde la société.
Au temps d’Internet où plusieurs vivent isolés dans leurs bulles et planifient de passer la période des fêtes à transmettre leurs vœux à leurs amis virtuels, je suggère : sortez, dites « bonjour » à votre voisin que vous connaissez peu.
Faites « un peu plus attention » aux autres ; souvenez-vous que la délicatesse est, avant tout, une forme artistique de la compassion.
Soyons ensemble.
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En cette période de fin d’année, je vous souhaite de Joyeuses fêtes !
Pour Noël cette année, achetez un livre.


Commentaires (2)
Denis Simard
jan vermeirsche