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Pense-t-on mieux dans une langue étrangère?
La langue « parlée » et « pensée » affecte nos décisions.
Des psychologues de l’université de Chicago ont mené une recherche qui conclut que les participants raisonnaient ou pensaient mieux en utilisant une langue étrangère, du moins, en ce qui a trait aux questions monétaires. Les chercheurs avancent que les décisions prises dans une langue étrangère sont moins biaisées ou influencées par nos émotions ou nos référents.
Certes, une déconnexion de notre cadre de référence permet une meilleure rationalisation (partielle) de certaines décisions. Mais, posons la question, ces décisions, partiellement rationalisées, sont-elles valables ou n’ont-elles plutôt que « l’air d’être valable »?
Une chose est certaine, une langue est plus qu’un moyen d’expression. La langue est un univers qui permet une certaine construction du monde; la langue permet de déterminer notre place dans le monde. Une langue maternelle, même si sa maîtrise n’est pas (académiquement) parfaite est tout de même un monde constitué.
Une langue étrangère ne sera, pour la plupart, qu’un moyen de communiquer sur des sujets au quotidien. Nul ne peut entrevoir les nuances d’une langue étrangère sans connaître la culture qui la forme, le contexte de son histoire et la vision du monde qu’elle porte en elle. Malheureusement, la plupart des langues étrangères « parlées » ne le sont qu’avec les mots qui permettent de « dire le quotidien ». Ce quotidien ne saurait constituer une pensée.
Ainsi, les chercheurs qui affirment que les participants à l’étude pensaient « mieux » dans une langue étrangère devraient ajouter une mise en garde à leur étude, c’est à dire que les participants ne s’encombraient pas de détails culturels pour prendre une décision dite du « quotidien ». Mais, ça, on le fait déjà dans une langue maternelle.
La maîtrise d’une langue ne se limite pas à dire « j’achète ».
Qu’en pensez-vous?

Commentaires (5)
jan vermeirsche
Jean David
Pour avoir travaillé de nombreuses années dans une langue étrangère (anglais) j'avais remarqué que dans mes discussions avec les gens, les mots n'avaient pas le même «poids» émotionnel pour moi que pour eux. En réalité lorsque l'on parle une autre langue celle-ci se trouve dénuée de charges émotives comparativement à notre langue maternelle qui elle en est truffée. J'avais la réputation d'être quelqu'un de très direct et de très engageant. C'est ainsi que je me suis bien souvent retrouvé dans de beaux draps...
Hélène Massé
Alejandrina Uribe-Betancourt
Bénédicte Kibler