La taxe anéthique: le coût de l'absence d'éthique

mardi, 06 septembre 2016

La taxe anéthique: le coût de l'absence d'éthique

« Est-ce payant pour une entreprise de se préoccuper d’éthique ?», me demande-t-on souvent.

Payant, je ne le sais pas. Par contre, il est indisputable que ne pas se préoccuper d’éthique peut engendrer des coûts gigantesques, regardons le cas Volkswgen.

Volkswagen a récemment été condamnée à payer 18 milliards de dollars d’amende, aux États-Unis seulement, dans l’affaire des moteurs diésels truqués. Sans faire une analyse exhaustive de ce cas, il est manifeste que cette amende ne sera pas la dernière. Volkswagen nous offre un exemple flagrant de ce qu’il convient d’appeler la taxe anéthique. 

La taxe anéthique représente l’ensemble des coûts que les entreprises encourent suite à une non-vigilance éthique ou à un/ plusieurs manquements à l’éthique. Ces coûts, qui englobent tant les amendes judiciaires que les pénalités consécutives à un recours collectif peuvent être évidents, comme c’est le cas pour Volkswagen, mais peuvent aussi être plus subtils ou moins apparents si l’on n’y porte pas attention. 

Au-delà des coûts directs de litiges ou de non-qualité, les coûts indirects associés aux manquements à l’éthique peuvent aussi prendre la forme insidieuse de coûts accrus d’encadrement, de roulement de personnel ou, même, de santé des employés. Les manquements à l’éthique entraînent dans leurs sillages des dommages financiers sur le plan de la réputation et de la perte de confiance envers l’entreprise; cette perte de confiance résulte, à son tour, en une difficulté accrue à attirer et à retenir les meilleurs talents, les meilleurs fournisseurs ou, encore, en coûts d’opportunités non-réalisées, c’est-à-dire les ventes qui ne seront pas conclues suite aux dommages réputationnels fait à la compagnie. Pour le dire en quelques mots, la taxe anéthique est le coût de l’absence d’éthique.

Les dirigeants qui, au lieu de restreindre l’éthique à un élément d’apparat, choisissent d’agir de manière éthique contribuent directement à la diminution de la taxe anéthique. Pour le dire autrement, l’éthique pratiquée réduit la taxe anéthique.

Pour le moment, Volkswagen est en mesure d’évaluer les coûts directs associés aux recours collectifs, mais il est probable qu’elle ne puisse jamais connaître combien de clients potentiels elle a perdu, combien de gens auraient acheté une Volkswagen mais qui, au final, s’abstiendront et choisiront un véhicule concurrent, parce que l’éthique compte suffisamment pour eux. 

Dans la même veine, Volkswagen n’est probablement pas en mesure d’évaluer combien de ses employés choisiront de quitter l’entreprise, combien de ses employés seront honteux de travailler pour une firme non-éthique, combien de futurs employés choisiront de ne pas postuler chez Volkswagen, combien de coûts de formations additionnelles reliés à ce scandale Volkswagen aura t-elle à assumer? La facture totale des coûts directs et indirects associés aux manquements à l’éthique de l’entreprise est impossible à évaluer. Une chose cependant est certaine, la somme des choix non-éthiques de Volkswagen lui auront fait perdre des milliards de dollars et entacheront sa réputation à tout jamais. 

Volkswagen avait pourtant paraphé plusieurs ententes environnementales, avait complété les formulaires de conformité, disait souscrire aux principales normes environnementales internationales en matière d’émission de polluant et affirmait en toutes lettres dans ses publicités que ses véhicules diésels étaient propres. C’est ce que l’on appelle de l’éthique de vitrine, ou d’apparat. 

Durant toutes ces années, sous couvert d’éthique, Volkswagen mentait effrontément.

Comment alors croire en une entreprise qui ment sans vergogne?

Quelques dirigeants offriront des mea culpa, quelques autres seront congédiés, et l’on croira que le problème est réglé. 

Pendant ce temps, les actionnaires paieront les milliards de dollars en taxe anéthique. 

Alors, est-ce payant d’être éthique? Poser la question, c’est un peu y répondre…

Que feront les actionnaires de Volkswagen? 


Un grand dirigeant commande par l’exemple et non par la force
- Sun Tzu

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